mercredi 31 août 2016

Pinsage frénétique matinal

Pour la deuxième fois de l'année, j'ai eu la chance de pouvoir aller pêcher à l'aube dans un état de déliquescence physique à peu près compatible avec la pratique de la pêche à la ligne moderne, responsable et totalement irréprochable que ce soit au niveau de l'éthique ou de celui du choix du logo de la casquette. Assumant avec dignité mon statut de grosse feignasse ne cherchant même pas à craber des spots en faisant le suce-boules comme les règles de la bonne société nous l'imposent, je ne m'embête pas et retourne tout simplement là où mon fidèle disciple a failli piquer l'énorme aspe... 
Un petit minnow dans les lisières de courant, la friandise pour aspounets...
Il fait bien frisquet en cette matinée. On devine que l'automne approche à la subreptice. Une petite brume se lève, en compagnie d'un vent revigorant. Brrr, le hoodie n'est pas de trop. Dès les premiers lancers, je localise une troupe d'aspes en embuscade le long d'un radier. Les prises s'enchaînent mais les poissons ne sont pas des monstres. Ils sont calibrés à une quarantaine de centimètres. Par contre, je suis une nouvelle fois surpris, bien que je pêche occasionnellement ce poisson depuis des années, par la violence de sa touche qu'on a bien du mal parfois à associer à sa taille !!!
Une petite série de perches au poisson-nageur Décathlon... Pauvre France !!!^^
Une période de caillante survient soudainement. Pendant une bonne heure, je n'ai plus une touche, plus un suivi. Heureusement, la clarté de l'eau du fleuve me permet de me distraire en contemplant les poissons visibles malgré le soleil caché. Un certain nombre de brochetons aperçus me rassure sur les potentialités du fleuve. Elles seraient réelles si l'on n'y laissait sévir les poseurs de filets producteurs de rillettes de sandre au muscadet mais surtout faites à base de brèmes et de PCB pour être honnête...
Quand d'un seul coup, le soleil déchire de ses acérés rayons le délicat manteau de brume qui ourlait jusque là le fleuve dans un écrin de ouate ( ouais, c'est bon, je l'ai piquée à Alexandre Jardin celle-là, désolé^^ ) et fait monter la température de dix bons degrés. Les aspes se remettent en chasse et la série reprend en douceur, allant même jusqu'à quelques attaques en surface...
Mon Poco-Poco... Quand je pense qu'il était à 2 pouces de finir sur ebay^^
La matinée est bien avancée. Je commence à sentir le Livarot pas frais, à boiter bas, bref, j'aurais du mal à me faire élire Sosie de Brad Pitt de la Semaine boudiné que je suis, de surcroît, dans mes waders en néoprène me servant plus à éviter les orties qu'à patauger dans l'onde claire, quand soudain, enfin, les gros se mettent en branle... Et quand je dis gros, c'est gros... La horde des steacks rabattant les bancs d'ablettes sur les berges en pente douce et taillant dedans, plus frénétiquement que les requins bouledogues ne le firent jadis dans les naufragés du HMS Birkenhead, est un spectacle impressionnant. Surtout dans une eau couleur lagon ne cachant du carnage... Hélas, ils sont complètement focalisés sur des proies d'une seule espèce et d'une taille précise. Pas un seul gros ne daignera mordre. Mais en bordure des grosses chasses, je continue à piquer des aspes "standards" moins sélectifs.
Finalement, crevé, assoiffé, cuit à point par un impitoyable disque solaire, j'ai pris congé des gloutons venus du froid, non sans avoir au préalable enfin pris une photo d'un poisson capturé ( à vue s'il vous plaît !!! ) avec ce micro-vibration de chez qui vous savez^^...
En effet, j'ai pris depuis l'ouverture plusieurs poissons avec ce petit leurre atypique ( acheté au prix scandaleux de 40 cents... J'en tremble encore^^) qui rend les perches maboules. Mais je n'avais pas eu l'occasion, entre batterie déchargée, oubli de l'appareil numérique à la maison ou décrochage intempestif du poisson, d'immortaliser une preuve iconographique de son pouvoir de séduction sur les percidés pesant moins d'une tonne^^. Ce déplorable manquement est désormais corrigé...

mardi 30 août 2016

I have a bream^^

Après une légère interruption de mes pantalonnades vaguement halieutiques pour cause de canicule, j'ai pu retourner au bord de l'eau par une chaude soirée vaguement orageuse. Accompagné de mon fidèle padawan convié à tester canne chinoise & leurres maison, enfin sonne l'heure tant attendue de secouer un peu le museau des monstres du fleuve sauvage !!!
Tuons le suspens tout de suite : cet horrible moutard, cette juvénile calamité, bref, ce jeune promis à un brillant avenir, m'a encore fait subir une humiliation cuisante en sortant grâce à mon "Spinmad Perche-Manga" désormais fétiche, une grosse brème commune bien baveuse. La déroute aurait même pu prendre des proportions apocalyptiques s'il n'avait pas loupé en ferrant par anticipation un aspe monstrueux ayant attaqué le leurre quasiment à nos pieds. Je m'en sors presque bien du coup^^...
D'autant plus qu'en baguenaudant de concert, tout à nos discussions à bâtons rompus portant pour l'essentiel sur la nécessaire stérilisation forcée des adeptes de Pokémon Go, l'habituel recrutement estival calamiteux du FC Nantes et la probable démission d'Emmanuel Macron risquant de faire revenir le pays à l'âge de Pierre (Mauroy mais quand même...), nous avons découvert un coin nouveau visiblement poissonneux et ( relativement ? ) peu fréquenté. Ah, ah... On va voir ce que l'on va voir. Ou pas^^...

jeudi 18 août 2016

Mais où sont les hotspots d'antan ?

Alors que j'ai passé un trimestre à pêcher au compte-goute, je suis parti pour faire bombance en août. Bien que cela soit tout à relatif. Deux jours de suite à aller secouer du Bevy pencil à la surface de ce qu'on peut encore techniquement qualifier de rivière ( on en rediscutera s'il ne pleut pas d'ici quelques semaines... ), il n'y a pas de quoi faire rêver le petit personnel. Surtout qu'aujourd'hui, je n'ai pas le choix. Ce ne sera pas une soirée en coup de vent mais un après-midi en coup de chaud !!!^^
Heureusement, le soleil aura la bonté de prendre son temps avant de me faire gentiment griller la couenne et de me pousser à lâchement me défiler. Sous les nuages, je m'engage dans le lit de la rivière, dérapant sur les roches traitresses recouvertes d'une infâme bouillasse vert-de-gris marquant une légère présence de nitrates. Entre deux débuts de gamelle aquatique, je reste fidèle à la valeur sûre du pinsage estival en eaux translucides... 
Au détour d'une caillasse, j'avise une troupe de perches-soleil. J'improvise un dispositif tactique avec un petit hameçon drop-shot et une queue de shad maison parfum ail & sardine afin de jouer les pinseurs éclectique. Ou comment perdre 10 minutes de son précieux temps de pêche pour prendre un poisson dont tout le monde se fout^^...
Bref, c'est pas la Quinzaine du Lunker, cette affaire. Espérer prendre un beau chevesne, c'est un peu comme  rejoindre le staff de campagne d'Emmanuel Macron en pensant qu'il va sauver l'économie et faire le bonheur des précaires en baissant d'autorité le prix du picon-bière. Soyons réalistes, on est ici plus proche d'un symptôme d'aliénation mentale que d'un  objectif rationnel... Malgré tout, à force de patauger dans cette patinoire aux relents d'eau de vaisselle de l'avant veille, j'ai pris quelques perches supplémentaires avec mon "Tiny Fry" chinois. Puis j'ai ouvert les yeux sur l'étendue de la catastrophe et j'ai eu le bon réflexe de céder à mes penchants inavouables pour la sieste avant que ne survienne inopinément la double fracture tibia-péroné se dessinant de plus en plus précisément au fur et à mesure de mes innombrables glissades plus ou moins bien maîtrisées. Il faut bien qu'on se le dise : aller pêcher l'après-midi en ce moment, c'est comme y aller le matin ou même le soir... C'est indubitablement un passe-temps de masochiste !!!^^
Mes hot-spots de jadis font grise mine. Là, où je piquais sans coup férir du chevesne rondelet à quasiment chaque sortie, ça sonne méchamment creux. Je dois même, oserai-je l'avouer, faire appel à toutes mes capacités technico-tactiques de vieil arsouille taciturne pour y sortir deux ou trois perchettes. Franchement, ça ne fait pas riche. L'avenir ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices. D'autant que le simple fait de retourner sur cette rivière en plein jour m'a permis de confirmer mon hypothèse. Les corbicules sont là. Et je dois donc désormais convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé !!!^^


mercredi 17 août 2016

Au régime sec...


Incroyable. Il y a deux  jours, le préfet du département a décidé d'interdire l'usage agricole de l'eau. Mais l'avisé fonctionnaire a eu l'élémentaire prudence d'attendre que les rivières soient à sec avant de se fâcher avec la mafia des tracteurs. On est jamais trop prudent. C'est qu'ils peuvent être moyennement finauds quand ils s'énervent, ces amis de la nature...
Résultat des courses, la pêche n'en est pas facilitée. C'est le moins que l'on puisse dire.Les rares endroits un peu plus profond hébergent les rare poissons qui ne se sont pas encore fait harponner par les hérons ( en même temps, si on leur facilite la tâche, hein... ). Il ne faut pas se louper. Un mauvais choix de leurre, un coloris foireux, un lancer d'une discrétion discutable et c'est mort. Le brocheton calfeutré sous sa racine, la troupe de perchettes planquée sous le 103sp rouillé, sans parler des gros chevesnes paranoïaques semblant musarder en toute quiètude mais qui ne baissent pas une nano-seconde la garde, oui, tout ce petit monde fuit à toutes nageoires au moindre à peu-près...
C'est là qu'intervient avec bonheur la cuillère-vintage venue du Maillochistan. Honte à moi, je ne l'avais pas encore sortie de la boite. Sans peur de la perdre, en matraquant les bordures à l'ombre, elle va me rapporter son quota de perches avant qu'un pré-retraité ventripotent ne vienne inopinément à proximité jouer de la tronçonneuse en virtuose. Pour le bucolique, on repassera. J'abandonne à ses bruyantes gesticulations le Eddie Van Halen de la déforestation sans attendre son solo... Message reçu. Il va être temps de changer de flaque !!!
Et là, la course contre la montre commence... Spots squattés par des vifeurs dont la jovialité ne semble pas constituer l'aspect essentiel de leur personnalité, déviations aux itinéraires cosmiques, armadas de canoés... Bon sang, Jésus, tu m'as VRAIMENT abandonné ou quoi ? In extremis, j'arrive à trouver un petit coin de verdure avec un peu d'eau et seulement trois canoés. Merci, ô Seigneur, de m'accorder un petit quart d'heure ( légale qui plus est !!!^^) pour jouer du leurre de surface avant l'extinction des feux !!!
Je valide d'emblée mon nouveau micro popper ( une coque de Bubble Pop 35 River2sea ) puis enchaîne au  Poco Poco avant que le Bevy Pencil ne conclue en beauté la sortie en slalomant au dessus des petites chasses du crépuscule. Petite surprise annexe : la clarté de l'eau. Piscine. A priori, les corbicules sont en train de coloniser à une vitesse assez folle les affluents de la Loire...



mardi 16 août 2016

La thèse du relou solitaire

Alors que, bon an mal  an, j'avais l'habitude d'aller à la pêche en compagnie de joyeux compagnons jamais avares d'un skipping raté se terminant en stérilisation forcée d'un ragondin mâle, ces derniers temps, j'ai plutôt tendance à jouer du Rapala en solo. C'est la vie, c'est comme ça. Les choses changent.  Les rivières se vident. Les gens vieillissent. Un jour, usé par des décennies de sociabilisation contrainte, l'affable grégaire se mue en relou solitaire^^...



Si l'on en croit le proverbe, "il vaut mieux être seul que mal accompagné"... Bon, honnêtement, je ne sais pas quel crédit on peut accorder à ce genre d'aphorisme qui semble incarner l'aigreur accumulée par le monde rural durant ces siècles fâcheux où il fut la victime de famines, de razzias, de fièvres pesteuses, de jacqueries intempestives ainsi que de choix vestimentaires contestables...  Sans doute faudrait-il se contenter de voir à travers cet apophtegme désabusé, un poignant témoignage du malaise paysan avant que le glyphosate, les disco-mobiles et les subventions européennes ne condamnent la ruralité au bonheur éternel.


Cela dit, n'allez pas croire pour autant que sous le prétexte que je ne force pas ma farouche nature à fréquenter des beaufs calamiteux,  rien que pour avoir une place sur leur bateau, mes entrées sur un lac privé ou un bel autocollant promotionnel, j'en sois réduit à vivre tapi dans mon sinistre repère en passant mes longues journées à ourdir de sombres complots contre l'humanité rayonnante. Non, il m'arrive de sortir de temps en temps pour aller au PMU ou m'acheter le Chasseur Français, faut pas déconner. Plus sérieusement, afin de mettre les choses au clair et contrairement à ce que l'on pourrait penser à la lecture de ce préambule, je n'ai pas atteint les sommets de la misanthropie donc je vais encore de temps en temps à la pêche avec des gens mais, dans la mesure du possible, des fréquentables !!!^^
Ainsi en ce 15 août, suivant une tradition qui sera séculaire d'ici 97 ans, nous nous sommes réunis entre quadragénaires toujours vifs ( un peu moins qu'Usain Bolt, certes, mais beaucoup plus qu'une palourde...) pour une partie de pêche défiant les conventions du genre. La canicule, la sécheresse ? Pfff, des excuses pour losers, ça !!! Ils sont bien au delà de ces contingences minables, mes deux commensaux du jour, l'ineffable DJ Stromboli et le pétulant  François H. ( from Paris ). Levés avant l'aube, lestés d'un café plus épais qu'une blague de Jean Marie Bigard, nous nous sommes envolés d'un pneu crissant à la Starsky & Hutch à chaque rond-point vers la sauvage pampa où sévissait naguère notre ami Stromboli lorsqu'il n'était qu'un frêle éphèbe torgnolant en série de la perche-soleil.

-Tu mets quoi comme appât ?
-De la bière.
Nous entamons notre journée dès l'aube sur des berges qui seraient accueillantes si elles n'avaient pas été transformées en décharge sauvage par les ploucs indignes qui viennent s'y cuiter en espérant tout de même sur un malentendu ( et une de leurs 30 lignes tendues... ) y viander un truc... Une touche bien lourde sur un de mes spinnerbaits-maison me surprend au bout de quelques minutes. Puis, après avoir contemplé le merveilleux spectacle de la nature ( en l'occurrence un couple de gros rats noirs venant fouiller les ordures...) s'éveillant aux premiers rayons du soleil, par un de ces petits miracles inexplicables, BLAAAM, je pique un joli poisson venant de tenter de croquer un shad 3" sur une de mes têtes plombée à palette. Aie. Je pêche la perche avec ma petite canne chinoise, en nylon 20/100° et là, le client, c'est un brochet bien énervé et pesant manifestement quelques kilos. Le combat s'engage, tout en souplesse ( au moins de mon côté^^), puis s'éternise avant qu'à l'instant de le saisir, le poisson sur une ultime pirouette ne se décroche  en une majestueuse gerbe d'eau. Caramba. Encore raté.
-Donnez un poisson à un homme et il aura à manger pour une journée. Apprenez lui à pêcher et il passera ses journées assis dans son bateau à picoler...
J'ai récupéré mon leurre. C'est déjà ça. Sans compter que ce facétieux ésocidé nous a apporté l'irréfutable preuve qu'il reste un poisson plus que correct sur ce spot présumé dévasté.  L'espoir renaît sur nos faces burinées. Les collègues s'enhardissent et se mettent à ratisser d'importance le plan d'eau... Mais le soleil commence à taper sec. Mr. Stromboli, manifestement à deux doigts de l'insolation, réussit à défier les lois de la balistique en propulsant soudainement à la gyroscopique un de mes spinnerbaits fétiches. Ce chef d'oeuvre nippon rescapé de ma période somptuaire finit  sa course en haut d'un arbre. J'ai à peine le temps d'hésiter à faire fusiller le maladroit pour l'exemple que ce dernier, prouvant que ses années de scoutisme ne peuvent se résumer aux attentions libidineuses des aumôniers, le récupère après avoir trouvé une branche coupée adéquate entre deux monticules de papier hygiénique visiblement de seconde main... Le crime étant père de l'amnistie, j'absous illico le fautif avec une magnanimité  dont la célérité, confinant au laxisme, m'a d'ailleurs valu sur les réseaux sociaux les sarcasmes de divers dictateurs ainsi que du sémillant Eric Ciotti...

Nous décidons quelques minutes plus tard d'abandonner les lieux afin de rejoindre le coeur du Strombolistan et ses étangs mythiques. Une halte boulangerie improvisée nous obligera à réquisitionner d'autorité les trois derniers pains au chocolat du comté afin de ne pas tomber d'inanition. Le mercure titille les 30°centigrades et nous ne sommes qu'en milieu de matinée. L'étang visé, haut-lieu des légendaires exploits de notre comparse, n'est malheureusement plus accessible. Des barbelés flambant neufs en interdisent l'accès. Damned. Improvisant en urgence, nous nous rabattons sur un autre spot peu distant mais dont nous ne connaissons rien. Et là, c'est le drame...

C'est gavé de poissons. L'eau est propre. Le cadre préservé. Comme nous n'en avons pas l'habitude, nous sommes gravement déstabilisés. Je décroche trois bass. C'est l'angoisse. A trois, nous n'arrêtons pas de faire suivre des poissons sur nos leurres. Plein de perches, quelques bass... La chaleur grimpe toujours et les poissons sont de plus en plus timides bien que présents. Alors que nous nous sommes décidés à rentrer, vaincus par le cagnard infernal, j'avise un groupe de bass indolents croisant à la nonchalante à quelques dizaines de mètres.  Ayant repris la canne MH, je leur envoie un leurre de surface chinois à 1,84 euros. Plouf...Et BLAAAAAAAAAAAM !!! Saperlipopette !!! Une touche de malade m'arrache presque la canne des mains. Je viens de ferrer un bloc. Mon plus gros bass, c'est sûr. Le poisson sonde et trace en force. Il fait ce qu'il veut malgré ma tresse de 20 lbs. Et là, il se réfugie dans les herbiers sans que je ne puisse absolument rien y faire avant de se décrocher et que je n'y laisse mon leurre discount accroché à un bois mort. Un hurlement démentiel évoquant celui du loup-garou découvrant le tofou, voire celui de Laurent Wauquiez apprenant l'existence de chômeurs arabes indemnisés, s'échappe de ma bouche tordue par une insondable détresse... Il est temps de rentrer, accablés de chaleur mais éclairés par l'esprit d'un des plus nobles sentiments humains : la vengeance^^. Car, soyez-en certains, nous reviendrons !!! Et peut-être même qu'en rompant la tradition, sans nous sentir obligés d'attendre encore un an, on ne tardera pas à derechef vous titiller, bande de petits malins à nageoires !!!^^





dimanche 14 août 2016

Lâché de lourds, au secours !!!

Prétendre que la pratique de la pêche à la ligne n'expose pas à quelques rencontres inopinées, pouvant parfois nous faire perdre toute foi en l'espèce humaine, serait, selon ma longue autant qu'amère expérience ( dramatiquement étayée par des dizaines de cas d'espèce...), un postulat des plus aventureux. Disons le fort et clair : à la pêche, il n'y a pas que des mythos. Il arrive aussi que l'on croise le sillage de blaireaux qui mériteraient à eux-seuls d'obtenir une catégorie aux J.O... Ainsi l'autre soir, au terme d'une journée passée à mijoter dans mon jus, j'ai eu le douteux privilège de pouvoir observer dans leur milieu naturel un certain nombre de spécimens d'élite, pour ne pas écrire candidats sérieux à la médaille d'or...
Représentez-vous un bras de Loire quasiment à sec. Un mètre de profondeur , dix mètres de large au maximum. Et là, alors que je progressais péniblement dans la savane rivulaire, j'entends comme un bruit de grosse mobylette enrouée. Alerte aux Prix Nobel !!! Deux intellectuels dans leur barque, sont en train de labourer le fond du gouillat au moteur thermique... J'avoue que là, même après 35 ans de pêche en eau douce en Loire-Atlantique, on ne peut s'empêcher de fleurir mentalement la tombe du Cortex inconnu... Champions du Monde, les Bidochon navalisés... Sur le spot suivant, je tombe sur les reliefs d'une cérémonie étrange. Un abruti a éclaté ses poissons sur les cailloux. Pas besoin d'être Dexter pour lire les explicites tâches de sang. Puis il les a laissé sécher sur place... Encore un poète atteint dans sa virilité par "l'idéologie extrémiste du no-kill" ?
A côté de ces hardis navigateurs naufragés du QI et du massacreur anonyme, les habituelles calamités estivales en tongs et autres démons mineurs en jet-skis paraissent  d'un seul coup d'une bêtise presque supportable. J'avais deux heures de libre. J'en ai plus qu'une... Bref, je ne suis pas passé très loin d'une sortie-pêche frisant la déconvenue... Heureusement que, bravant les nuages compacts de  moustiques affamés et la curiosité de touristes n'estimant pas que la politesse puisse s'appliquer à un pêcheur à la ligne, j'ai pu me "refaire" avant la nuit en prenant quelques perches avec l'aide de mes petits leurres faits maison...C'est pas glorieux mais je m'en tamponne. Vivement l'automne.


mercredi 10 août 2016

Vent du Nord, ça ne mord pas fort...

Coloris blanc nacré-dos chartreuse : un aspirateur à perches !!!

Quand on perd 10°c en deux jours, qu'un vent du nord ressenti comme frisquet souffle avec conviction et que les niveaux sont historiquement bas, la moindre partie de pêche prend des allures de défi lancé à la bredouille. Le choix des armes et du lieu ne doivent pas être le fruit du hasard. Comme je suis une créature d'habitude, je ne me suis pas fatigué. Ma nouvelle canne chinoise est du voyage. Et sans doute aussi des prochains tant notre relation est devenue passionnelle...
Mon petit crankbait Rebel fétiche, une vraie crécelle qui décide les indécises...


Pas question de trop défier les statistiques. On ne va pas monter intempestivement dans les tailles de leurres. Sachons raison garder. Il fait relativement chaud. Il n'y a pas d'eau. En toute objectivité, Didier Super a plus de chance de gagner l'Eurovision l'année prochaine que j'en possède de sortir d'énormes poissons à la chaîne aujourd'hui... Les premiers lancés plébiscitent ma pusillanimité. Brochet format Knacki d'entrée de jeu suivi de quelques perches. Ouf. Bredouille évitée. Vive la République, vive la France, envoyez les couleurs !!!^^
Cette copie à 1,50 euros du V-Joint Minnow River2sea remporte toujours son petit succès...
C'est la soirée du leurre discount. L'eau n'est pas si claire que ça, je n'ai pas envie de perdre un de mes petits protégés. D'autant que sur ce secteur, j'ai déjà croisé quelques insanes olibrius en train de poser à la sournoise quelques nasses pas vraiment réglementaires... Un de mes Spin Mad maison est d'ailleurs resté accroché sur un de ces engins de braconniers...
Mon coloris Manga-Perche fonctionne aussi avec les Area-maison...
Au final, je ne m'en sors pas si mal pour une sortie sous un petit vent de nord bien installé. Deux brochetons, pas loin d'une vingtaine de perches... Je n'en espérais pas tant, loin s'en faut... Heureusement que ce genre de spot de secours existe afin de cacher la misère dans laquelle est plongée la pratique halieutique aoutienne ligérienne chic & décontractée, tiens !!!^^


dimanche 7 août 2016

La petite merveille...

On a beau résider dans le Triangle des Bermudes du Lunker tout en émargeant subrepticement à l'Armée du Salut section Pin's & Pesticides, il arrive parfois que depuis des cieux vides d'espoir descende un miracle ayant évité une fin sordide dans les soutes d'Air France... Ma nouvelle canne à pin's de la marque Strive, jusqu'ici totalement inconnue au bataillon, est ce signe tangible que quelque part  ; au delà des mers, des déserts et des sommets enneigés où se cache des paparazzis le dernier yéti ; une puissance souveraine semble encore se soucier un tant soit peu de mon épanouissement estival d'indécrottable traqueur d'alevins !!! Au risque de passer pour un insupportable radoteur, cette canne ne m'a par ailleurs coûté qu'une somme dérisoire en regard de ses qualités... Je n'ose imaginer le tarif qu'elle atteindrait si elle était distribuée par une de ces enseignes sans scrupules ayant fait voeu de chaluter jusqu'à plus soif les poches des teenagers enthousiastes...
De toute façon, vu que j'ai privilégié un circuit court ( d'à peine 10000km^^) qui aura vu cette petite merveille venir des majestueuses crêtes karstiques des environs de la lointaine Guilin jusqu'à mon déplorable terroir sans envergure, j'ai coupé court au traditonnel pizzo du magasin de pêche. Et ce pour un résultat qui aura dépassé toutes mes espérances. Il s'agit en toute simplicité de la canne idéale pour mes pêches de misérable. Elle me permet sur du nylon Sufix 20/100° de balancer aussi bien les 3 grammes d'un Poco Poco 40F que les 9 d'un Spin Mad, tout en assurant avec précision à une trentaine de mètres le lancer d'un shad 4" en texan lesté...
Pour le moment, hélas, elle n'a eu à se mesurer qu'à de la perchette ainsi qu'à quelques cyprinidés agressifs de petite taille. Mais j'ai une confiance aveugle dans sa réserve de puissance. Il ne me reste plus qu'à espérer avoir l'occasion de tester ses limites sur des poissons plus imposants. A condition que la sécheresse en épargne un ou deux...


samedi 6 août 2016

De l'eau dans le gaz à tous les étiages...

Disons le franchement. L'été 2016 connaît ( au moins sur les misérables spots que j'ai la faiblesse de m'obstiner à fréquenter malgré de longues années de déceptions sans cesse renouvelées ) la pire sécheresse que j'ai jamais connu... Cela possède malgré tout quelques côtés positifs. Ne voyons pas tout en noir. Des fois que Nadine Morano passe par là et que ça l'énerve. Il y en a qui ont fini à Guantanamo pour moins que ça... Bref, à quelque chose, malheur est bon. Il est désormais tout à fait envisageable d'éviter l'investissement dispendieux que constitue l'achat d'un float-tube. Grâce à nos amis agriculteurs, une paire de bottes suffit...
Le problème, c'est que les hérons ne sont pas les seuls à profiter de l'aubaine. Certains bipèdes, aisément repérables à leurs traces composées essentiellement d'amas de nylon vrillé, de tas de mégots négligemment écrasés sur la berges et accompagnés comme il se doit de multiples ex-voto de cannettes de bière vides, mettent à profit les étiages pour ratisser d'importance les bassins enfin accessibles à leur infâme concupiscence...
En attendant des jours meilleurs, je n'ai pas trop le choix. C'est le safari-perchettes ou rien. Bon, alors ça sera safari-perchettes... Comme d'habitude, les 200 premiers mètres après le parking ne donnent rien à part des attaques timides de petits chevesnes encore bien naïfs sur l'état du monde... Puis à distance insoutenable pour l'alcoolique-lambda désirant viander à peu de frais, le festival commence.
Bevy pencil et "Tiny Fry" peinturluré maison pour dédouiller en souplesse suivis de mon spinmad maison coloris Manga Perch... Une orgie. Plusieurs dizaines de perchettes succombent à son vrombissement insupportable. Je ne peux que me féliciter chaleureusement d'avoir fait ce moule...
En pleine euphorie, légèrement atteint par la chaleur, je décide soudainement de changer de coin. C'est vrai, ça mord trop, c'est trop facile. Je suis pas comme ça, moâââ. Je raffole des pêches techniques. C'est donc parti pour le grattage de piles de pont...
Là encore, la méthode maison paye. Drop-shot avec mes Ripple Shad 2" marinés dans le beurre de sardine. Le fléau des perchettes^^... Oh bien sûr, à force de les remettre à l'eau à mes pieds, elles finissent par subodorer l'entourloupe. Qu'à cela ne tienne. Le Grub Gary Yamamoto prend avec succès le relai jusqu'à l'épuisement total du filon !!!
Désireux d'explorer un ou deux spots supplémentaires avant la nuit, je dois malheureusement y renoncer pour cause de carambolage meurtrier. Route bloquée, pompiers au travail, déviation. Comme quoi ça paye toujours un jour de faire le con au volant sur les petites routes pourries...
Du coup, me voila obligé de me rabattre sur des coins "de secours". Aie. La sécheresse n'est pas qu'une rumeur. En plus de 15 ans, c'est la première fois que je vois la rivière dans cet état-là... On est très mal. D'autant que les pouvoirs publics semblent avoir d'autres châtards à fouetter...
Heureusement que ma connaissance encyclopédique des moindres trous à perchettes situés entre Nantes et Cholet n'est pas prise en défaut par un léger début d'Alzheimer ( c'est ça aussi de boire au robinet pendant la sécheresse !!! ). A l'orée d'un radier, dans un filet d'eau vaguement courante, je tombe sur une troupe de perches embusquées...
C'est un travail pour Super-Vixen. Heuuu... Non, celui de Tiemco en fait. Un peu plus gros que les proies du banc de perches planqué sous les herbiers, certes, mais elles ne semblent pas s'en formaliser outrageusement, les petites coquines...
Piquées aval, remises à l'eau amont, j'ai tout le temps pour "décimer" la troupe. Hélas, j'en décroche une. Fin de série pour le Vixen Minnow. Vite, je change fébrilement de leurre dans la luminosité déclinante pour peigner la  fin du radier... Et hop !!!
Ce sera tout pour le Bevy Pencil. La dernière perche sera leurrée par un de mes Chubby38 made in China à 1,44 euros. Vu leur prix, je vais m'en constituer un stock. Quoique s'il ne pleut pas ces prochaines semaines, je crains fort de n'en avoir guère l'utilité...
Finalement, après avoir pataugé dans la vase, recherché avec ardeur des coins de rivière avec plus de 20cm de fond et respiré avec une certaine retenue les vapeurs de pesticides flottant dans la campagne, j'ai pêché avec plaisir un bon paquet de perches ( que je serais enclin par pur euphémisme à décrire comme "pas énormes" ) au hasard des spots quadrillés. Autant en profiter vu que je ne sais pas ce qu'il va rester de vivant dans ces eaux sinistrées cet automne...