jeudi 29 juin 2017

Loire & déboires, saison sèche...

Salade verte sur berge de Sèvre nantaise... L'odeur est...Comment dire ?... Particulière.
Depuis quelques jours, nous avons l'immense privilège de compter officiellement parmi la douzaine de départements les plus touchés par la sécheresse. Les pouvoirs publics, pourtant largement alertés depuis au minimum la mi-avril, prennent acte de la situation catastrophique : l'irrigation est donc désormais interdite. Ce qui tombe à point nommé vu que les petites rivières sont à sec, dis-donc... Quant à la Loire et ses principaux affluents, la situation n'est guère plus brillante. L'eau y est saturée d'algues vertes (dont on se demande bien d'où elles peuvent venir tant l'agriculture est devenue bio ces dernières années, hein...) et les berges dégagent une agréable odeur de tofu fermenté fraîchement vomi... Le truc qui donne envie, ça fait peur.
Le Trophée du Gros Poisson revient une fois encore à Benoît, le Specimen-Hunter ligérien bien connu !!!^^
Pourtant certains pêcheurs inconscients bravent encore les vapeurs toxiques de la marée verte en arpentant courageusement les rares flaques résiduelles aux relents méphitiques afin de combler leur besoin de reconnaissance médiatique à renforts de poissons-records. Et quand, par un hasard absolu, ils tombent sur un endroit où les poissons semblent déchaînés, c'est l'orage de la décennie qui refroidit leurs ardeurs sous des trombes d'eau d'une amplitude biblique voire hollywoodienne et qui les transforme en quelques minutes en épouvantails ruisselants juste bon à quémander l'asile pluviométrique dans le bistrot le plus proche. Tout ça pour finir, une fois la mousson finie, au beau milieu d'une chasse épique où mouettes rieuses, ides caustiques et aspes goguenards se goinfrent d'ablettes sans daigner une seule fois accorder une fugace attention à un de leurs leurres. Triste époque...
Merveille : le Towadi Smith au tarif chinois...
Il ne reste plus qu'à ronger son frein près de la boite aux lettres en attendant cette fameuse canne UL arrivée depuis une semaine à Roissy et qui tarde à rejoindre mon pléthorique ratelier. En effet, pour pêcher ces prochaines semaines, je risque de devoir me rabattre sur du micro-leurre tant les poissons semblent s'obstiner à croquer de l'alevin plutôt que du B'Freeze... A bientôt donc pour de sévères pêches de pin's... Sous réserve qu'il reste de l'eau dans le secteur, ça, c'est moins sûr...

mardi 20 juin 2017

Maxi-cagnard & mini-perches

Depuis quelques jours, assommé par la chaleur caniculaire, peu enclin à enfiler des waders après une journée passée à battre des records mondiaux au niveau du sudoripare, bref assez peu motivé pour enquiller les kilomètres afin de me faire dévorer les avant-bras par les moustiques en tentant désespérément de prendre un poisson dans des rivières pratiquement à sec ou en laissant mes leurres accrochés à des filets de braconniers, j'avais fait l'impasse sur la pêche à la ligne en soirée. Comme dirait un de ces philosophes du quotidien dont sont si prodigues dans les films et les romans les forces du maintien de l'ordre de la ville de Los Angeles, il est évident que je suis décidément trop vieux pour ces conneries. Inutile d'aller chercher l'infarctus pour quelques perchettes... Mais le Sage sait qu'il est plus difficile d'enlever les taches du léopard que de faire élire un blaireau au QI de cruche à condition qu'il soit en photo avec Macron sur son affiche de campagne. 
Si vous avez saisi le sens profond de la phrase ci-dessus, je vous félicite et vous invite à me l'expliquer par écrit à l'adresse habituelle sous pli discret (j'accepte les chèques), merci, vu qu'il fait si chaud que je ne sais plus trop ce que je raconte à cette heure-ci, poil à l'okapi... Pour pousser la concision dans ses ultimes retranchements, je me contenterai donc de dire que, profitant d'une obligation administrative me forçant de toute façon à braver la fournaise, j'en ai lâchement profité pour pêcher en pleine après-midi sur la redoutable Digue de la Douille Fatale Grave, ouvrage sinistrement connu. En effet, il est de notoriété publique que cette infortunée écluse est à la belle saison assidument fréquentée par tout ce que les environs comptent de vieux viandards couperosés massacreurs de mulets, ainsi que de techniciens hors-pair n'ayant pas changé de nylon sur leur moulinet depuis la mort de Robert Boulin. Mais elle est aussi le théâtre des "exploits" (en général virtuels^^) de la génération montante ou considérée comme telle, je veux bien sûr parler de celle des jeunes intellectuels arborant tous les signes ostensibles du Bling-Bling-Fishing mais qui ont, hélas, raté le concours des Marseillais à Vegas à cause d'une note éliminatoire en géographie qui leur a trop mis le seum. Ils m'épateront toujours, les juvéniles... Claquer des mille et des cents dans des cannes japonaises et toute la panoplie du pêcheur branché vu sur YouTube pour aller à la pêche là où toute l'agglomération vient tremper du fil... Bonne chance... D'autant que ce lieu maudit est actuellement envahi par les lentilles d'eau, ce qui constitue un gage évident d'une eau de bonne qualité garante d'un taux d'oxygénation propre à rendre les poiscailles foutrement actifs... Il faut donc d'une part avoir le cerveau au ralenti et de l'autre, vraiment être inconscient pour perdre son temps même fugacement en arpentant le moral en berne cet infâme terroir ...

Aujourd'hui, plus que certains jours, le lieu ne favorise pas cette pratique halieutique primesautière lorgnant vers la gaudriole que j'apprécie tant. En effet, connaître une expérience physique confinant à celle d'une merguez oubliée sur le barbecue, c'est un moment unique. A ne pas répéter toutefois si l'on tient à son épiderme. Malgré tout, grâce à mes petits LS japonais à rotengles fripons et à ma science du downsizing forgée par des décennies de pinsage, j'ai pu prendre quelques poissons au milieu des alevins...
Une nouvelle fois, l'exploit ne se situait pas au niveau comptable et/ou pondéral. Non, pas du tout, faut pas déconner... Il consistait simplement à pêcher quelques poissons sous un soleil de plomb, sans un cm² d'ombre et alors que le thermomètre affichait un 35°c légèrement inhabituel sous nos latitudes au mois de juin. La mission accomplie avec une maestria rarement vue en ces contrées halieutiquement minablissimes, il était alors le moment de regagner mes pénates et ses rafraîchissements bien mérités... Poil au karaoké.


jeudi 15 juin 2017

Les rivières se cachent pour mourir

Ah, les beaux jours, quand le moral remonte en flèche... La pétulance me guette. Disons le sans ambages, je ne me forcerais  pas sur le flegmatique, je serais presque aussi guilleret qu'un Gérard Larcher apprenant à midi pile que le self de l'Assemblée nationale vient de tomber en panne d'andouillettes et de Beaujolais. Hier soir, après avoir constaté que mes derniers bricolages en résine ; amorales contrefaçons de leurres de chez Smith (en face^^) ; étaient plus secs qu'un bachelier procrastinateur devant une une question de philosophie portant un peu plus loin que les certitudes en soins capillaires de Nabila,  je me suis dit "Gontran"... Oui, Gontran, car je me nomme Gontran dans le civil et si ça vous défrise, vous me ferez trois jours, on est plus chez les socialistes, c'est fini la glandouille en cheveux gras à attendre votre RSA au cas où vous l'auriez oublié, mon petit bonhomme, non mais des fois... Bref, je me suis dit "Gontran, ne serait-il pas grand temps de prouver à un univers jusqu'ici incrédule que vos capacités de bricolage atteignent désormais des sommets capables de culminer jusqu'à, qui sait, la capture d'une ou deux perchettes grâce à leur perfection sans appel ?"
Aussitôt dit, aussitôt fait. Et toc !!! Les enfants qui me jetaient des pierres, riaient dans mon dos et mettaient des choses poilues mortes écrasées depuis une bonne semaine dans mon cartable vont être bien embêtés maintenant, tiens... D'autant qu'à chaque fois que j'en croise un désormais, il est en général encore plus chauve, bedonnant et  fier de son Audi achetée à crédit que la dernière fois. Bien fait, na !!! Cela dit, il est heureux que j'ai eu des copies d'IC Surger à tester vu ce qu'il reste comme eau dans ma "rivière-test"... Si j'avais moulé des BBZ, j'aurais eu quelques petits problèmes à valider l'essai.
Je commence à radoter mais là, les niveaux d'eau sont catastrophiques. Du rarement vu en fin d'été et là, nous ne sommes que mi-juin. Soit pas encore en été techniquement parlant. On va droit dans le mur mais à priori, tout le monde a l'air d'allègrement s'en foutre.
J'ai encore eu l'occasion de ramasser quelques kilos de merdes abandonnées sur les berges, surtout des emballages de sucreries et des bouteilles de soda (petits cons, vous crèverez du diabète !!!), des paquets de cigarette (blaireaux, le carcinome vous guette !!!) et les manifestations habituelles des libations rivulaires dont sont friands les "pêcheurs" dits statiques (vous, la cirrhose, on vous la présente plus, j'imagine, elle fait partie de la famille...). De quoi entretenir ma fibre philanthropique...
Bon, j'ai quand même récupéré un ballon de football neuf qui fera la joie de mes neveux en leur permettant de casser quelques trucs chez les voisins grâce à un coup-franc tiré à la Ronald Koeman^^. Il ne m'en fallait pas plus pour adoucir l'aspect de la soirée conclue par un petit chevesne assez sympa pour se laisser abuser par une tournante vintage...
Pour le côté satisfaction, en attendant d'en tirer la quintessence avec ma nouvelle canne UL arrivant de Chine, j'ai pu étrenner et valider d'une dizaine de perchettes coopératives mes premières copies d'IC Surger. Heureusement que je les avais soit dit en passant car les poissons avaient l'air plus qu'apathiques, aussi accablés que je l'étais par la chaleur...
Par contre, niveau récrimination, on ne change rien. On aggrave. On constate une fois de plus que la non-gestion de la ressource en eau (qu'elle soit celle des agriculteurs esclaves de leurs céréales ou celle des Johnny qui lavent chaque week-end leur AX tunée Goldorak...), illustration patente de l'irresponsabilité de notre société, nous conduit année après année plus près du gouffre... Encore un effort et cette année, il n'y aura plus qu'à faire un petit pas en avant pour tomber dedans...

mardi 13 juin 2017

Randonnée "on the Rocks"

Contrairement à tout ce que j'espérais dans mon insondable naïveté, j'ai repris le rythme aussi trépidant qu'un électrocardiogramme de bivalve mort qui a fait mon succès ces dernières années. Avec en tout et pour une sortie hebdomadaire vespérale pour assouvir ma velléité (un tantinet contrariée, je vous l'accorde) d'accéder au stade de specimen-hunter buriné, c'est peu. Bien trop peu, je le crains, pour avoir enfin matière à triompher au comptoir de mon PMU d'attache, l'oeil vif, la truffe humide et le reste à l'avenant comme se doit de le faire tout bon Tartarin de la Gaule dont la dipsomanie militante n'est pas la qualité mineure. Le compte à rebours est pourtant bien enclenché : les rivières baissent à vue d'oeil et d'ici trois semaines, les Kevin tatoués en tongs, les Totognes ronchons en camouflage et les hordes blafardes de citadins, éligibles à l'hydrocution, aux verrues plantaires et autres délices consubstantiels à une pratique décomplexée du camping-caravaning, envahiront mon biotope...
Quelques centaines de milliers de consommateurs d'eau en surplus sur une ressource déjà bien entamée, ça va être chouette. Déjà que... Inutile de tergiverser, on est très très mal barrés. En attendant la catastrophe à laquelle on échappe d'un chouia chaque année depuis quelques temps, je suis allé magnifier mon temps de liberté à crapahuter dans le lit d'une petite rivière...
Ce coin, qui est d'ordinaire assez peu profond, l'est encore moins et c'est peu dire... Pour la première fois que je le pratique, j'ai pu descendre sur plus d'un kilomètre sans quitter le lit. Ce qui ne m'était jamais arrivé car au hasard des blocs granitiques, cette rivière recelait quelques petits trous assez traîtres pour valoir une bonne baignade au pêcheur intrépide voire présomptueux. On peut désormais en l'état affirmer preuves à l'appui que le problème ne se pose hélas plus...

J'avais prévu de pêcher avec une canne ML, en 20/100° nylon pour faire dans la discrétion. Raté. C'est équipé en UL et en 16/100° que j'aurais du venir. Le matos est en soute arrivant de l'Empire du Milieu mais il m'aurait bien servi sur le coup étant donné les niveaux d'eau. Là, en mettant un Chubby au bout de la ligne, j'ai l'impression désagréable d'avoir autant de chance de choper quelque chose qu'à m'obstiner à pêcher "bigbait" dans un trou à pisse municipal aleviné une fois l'an... C'est dire si la pêche est "dure"...
Surtout que j'y mets foncièrement du mien pour la rendre plus difficile qu'elle ne l'est. A force de pousser la randonnée un peu trop loin pour mes capacité physiques déclinantes, je me retrouve épuisé, assoiffé, bref totalement déshydraté en bout de parcours alors qu'il me reste un chemin de retour plus que redoutable, farcis de cailloux couverts d'algues à nitrates à la sournoiserie légendaire et d'enrochements résolus à me briser la cheville au moindre instant d'inattention...
Dans la lumière déclinante de la fin de journée, après un périple semi-aquatique assez harassant, je m'accorde quelques instants de repos afin de boire une gorgée d'eau minérale et tenter de calmer un peu mon rythme cardiaque quand, enfin, je vois quelques chasses timides éclater sur les bordures...
Incroyable. Il reste des poissons vivants dans le secteur. Après avoir testé à peu près tous les leurres de surface à ma disposition et rencontré un échec absolu, je suis revenu à une valeur sûre : la cuillère tournante vintage venue des mystérieux confins du Maillochistan^^...
Pour ces perches rurales en diable, manifestement peu éduquées (certaines seraient même amies des Chtis à Mykonos sur Facebook...), ces leurres métalliques ; tournant certes avec la régularité d'une horloge, suisse de surcroît, mais, disons-le, ayant connu Johnny Halliday jeune ; semblent être plus attractifs qu'un popper DUO ou qu'un Bevy Pencil60... Saloperies... Et nous, braves cons, qui nous mettons en frais pour cette ingrate engeance... "Dédé !!! Remets-moi donc une Suze, tiens !!!"
Finalement, je m'en sors, sinon avec les honneurs, du moins pas si mal de cette embuscade. Certes, j'arbore une couenne quasiment cramée par le soleil, perforée par les insectes vampiriques locaux et ramenant le souvenir ému de quelques mutins contacts avec les luxuriantes forêts d'ortie qui font la beauté des lieux. D'accord, je n'étais plus à l'issue de cette sortie qu'une serpillère sur pattes, liquéfiée dans ses waders et au premier regard plus hirsute qu'un fan de Metallica ayant passé le week-end dans une lessiveuse industrielle en marche. Mais, en dépit des contingences, je ne me suis rien cassé, je n'ai pas fini la tronche en biais à l'horizontale victime de la vile complicité de la pesanteur et d'un caillou gluant et, surtout, j'ai fini contre toute attente par prendre quelques poissons. Comme quoi, tout peut arriver en ce bas monde...

jeudi 8 juin 2017

Reprise partielle des activités...

Ah, comme le temps passe !!! Déjà trois semaines que je n'avais point trouvé de quoi vomir mon fiel sur les pages blanches virtuelles de ce blog pour atrabilaire furibard. En effet, entre temps pourri et coup de chaleur, je suis allé ces dernières semaines à la pêche à peu près aussi souvent que Donald Trump s'exerce à l'autocritique et aussi sérieusement que Pénélope Fillon a préparé son dossier de liquidation de retraite. Ce qui, vous en conviendrez avec moi, ne facilite guère l'étalage narcissique d'exploits halieutiques, d'ailleurs, en l'espèce, aussi inexistants que les chances de survie du Parti socialiste au delà du prochain week-end...

La première escapade a tourné court : un coup de float-tube pour rien. Les coutures de mes vieux waders Caperlan ont fait eau de toutes parts au bout de quelques coups de palme pourtant prometteurs ; me contraignant du coup à une retraite en bon ordre, certes, mais mon slip Kangourou-vintage Thermolactyl, hommage aussi sobre que discret aux glorieuses années Pompidou, a fini ravalé au rang de serpillère. La seconde fois m'a vu passer proche de l'AVC en constatant qu'un de "mes" spots avait été colonisé par nos amis les viandeurs aux engins. Il paraîtrait que ce serait pour "protéger plus" qu'ils auraient le droit de "prélever plus". Droit accordé par un gars qui sait ce qu'il fait vu qu'il est préfet... Misèèèère... Et on s'étonne encore de l'état du pays... Bref, finissons-en avec la complainte, en concluant par la sortie matinale en compagnie de mon fidèle séide, le Padawan pétulant. Sous une bruine tenace, la truffe revigorée par un vent frisquet, accompagnés par le son poétique d'une techno à la fine harmonie évoquant la préparation d'artillerie de l'Offensive Nivelle, émanant du camping-car d'un trio d'adulescents ignorant le pathétique, la bienséance et réveillant peu à peu le Francis Heaulme (voire le mélomane contrarié^^) qui sommeillait en moi, seule la découverte de quelques exemplaires d'une espèce en voie d'extinction (et d'un Shad Herring Prologic^^) provoquera l'espace d'un fugace instant une sorte de joie sur nos visages fripés par les intempéries, la déception et la certitude d'être les innocentes victimes du "Bonne pêche !!!" lancé précédemment par un mauvais plaisant peu au fait des us et coutumes de notre confrérie...
Si l'on y adjoint cette tendinite aussi sournoise que tenace qui me pourrit la vie depuis quelques semaines, ça commencerait presque à virer au pénible. C'est pourquoi je me devais de réagir en faisant face au marasme avec courage, résolution et quelques cuillères tournantes numéro 1...
Ce soir, pour une reprise d'activité en douceur, j'ai privilégié les circuits courts vu que j'éprouve encore des difficultés à tenir un volant (ziva le débris...). Premier lancer, premier poisson. Oh non, enfer et pute en faction... La malédiction... Deuxième lancer, rien... Ah ça, je vous l'avais bien dit que c'était dans l'horoscope de Télé-Z, ça, madame Michu !!! Heureusement, au troisième lancer, la forme revient.
Luminosité changeante, vent rafraîchissant un peu l'eau trop basse pour la saison, les conditions sont optimales pour un pinsage d'anthologie en toute quiétude. Pas un pêcheur à l'horizon, avec de temps à autres, un héron ou un martin-pêcheur comme seule concurrence, c'est du billard...
Pour pimenter la promenade, je décide de changer de leurre toutes les 5 prises ou tous les 10 lancés s'il n'y a pas d'attaques. La Mepps n°1 AGLIA points rouges et le Countdown Rapala en coloris perche remportent tous les suffrages sur le premier spot. Arrivé au second, je déchante. Il y a, garés sur place, trois véhicules terrestres à moteur exhibant assez de savantes marques de tuning pour que je devine que leurs passagers appartiennent à une élite assez bien placée sur l'échelle de l'évolution... A vue de nez entre Rantanplan et une endive.
Qu'à cela ne tienne !!! Poussons un peu plus loin la randonnée. Finalement la bande de joyeux vifeurs m'a rendu un fier service sans le savoir. Au lieu de m'escrimer sur un spot ultra-viandé pour éventuellement sur un malentendu prendre une ou deux perchettes, je m'offre deux heures de pur bonheur champêtre en cartonnant sur un bief où j'avais toujours eu la flemme de m'aventurer...
On donne dans les sommets du récréatif. Une de mes cuillères-maison faite à la base d'une palette récupérée noircie et décapée au vinaigre de vin blanc (vieille recette indienne et secret de trappeur^^) y va de son quota. Hélas, la fête est quelque peu ternie par le décrochage du steack du jour, un chevesne vraiment grassouillet, entièrement de ma faute car j'avais oublié que mon T-Pivot Jackson était désormais équipé de simples sans ardillon. Fatalitas !!!
Le vrai bonheur à la pêche : la tranquillité...
Un poil vexé par ce raté, je repasse aux valeurs sûres. Mais je dois me rendre à l'évidence : le remue-ménage causé par la bagarre avec le gros chevesne a calmé les ardeurs de tout ce petit monde, mis à part les jeunes individus toujours prêts à ouvrir leur gueule sans discernement...
Je remonte donc la rivière en grattant à la superficielle les "trous" (c'est à dire les zones profondes d'au moins 30 centimètres...) en espérant y trouver une perche ou deux...
La moindre racine et la plus petite bouillée de nénufs abritent leur garnison de zébrées qui s'y calfeutrent des hérons cherchant à caler leur petit creux. Ma quête continue donc sans faillir à grands renforts de cuillères tournantes vintage ou maison^^.
Alors même que je n'y croyais plus, au moment où je m'apprêtais à changer de spot pour les ultimes instants de la sortie, une ultime prospection d'un radier moins profond qu'une pensée de Cyril Hanouna me donne la joie de quelques poissons au T-Pivot qui brise ainsi le maraboutage de l'hameçon simple... Hourrah !!!
On y croyait plus à dire vrai. Bien, c'est pas tout ça mais ça fait déjà quelques dizaines de perchounettes au compteur et toujours pas de chevesne alors que c'est (trop) souvent cette espèce qui constitue la ou les plus belles prises des sorties estivales. Il me reste une heure, je sais où aller pour trouver du cyprinidé amateur d'alevins...
Aie caramba... Encore raté. C'est reparti pour une série de perches à la fameuse Aglia Mepps à points rouges trouvée jadis sur les bords de la Sèvre et qui m'a depuis rapporté des centaines de poissons. Pas un chevesne à l'horizon jusqu'à ce que le soleil darde ses derniers rayons...
Enfin !!! Bon, c'est sûr, ce n'est pas un monstre mais ça me change des perchettes. C'est d'autant plus appréciable qu'il s'est fait attendre, le bougre. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, quelques mètres plus loin, je conclue les débats par le frère jumeau...
Plein d'enthousiasme, je tente le triplé en lançant ma Mepps légendaire au ras d'un tombant encombré de végétation et là... C'est le drame. La cuillère reste accrochée à une saloperie quelconque, le fil casse et elle tombe au fond de la rivière. Malgré mes recherches fébriles écourtées par la survenue de la nuit, elle est toujours portée disparue. Elle est donc mon deuxième leurre perdu depuis l'ouverture après la perte d'une copie de Swing Impact plantée dans une racine immergée. Sic transit...